Randonnée : La ferme de Fessole .

Publié le par Le jardin Le Clos fleuri de Claudette

Randonnée : La ferme de Fessole .

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Tracé dessiné par Jacques mon mari

Tracé dessiné par Jacques mon mari

Randonnée : La ferme de Fessole .

 Aujourd'hui dimanche 17 juillet ,nous partons depuis Rencurel direction St Gervais, nous empruntons le Col de Roméyère sur une magnifique petite route étroite à encorbellement au travers de la forêt des Ecouges.  La Cascade des Ecouges avec sa chute de 65 mètres de haut se découvre depuis la route. 

Vers la fin, on entre dans un tunnel taillé dans la pierre. Il est désormais à double sens : deux ilots permettent aux véhicules de se croiser.

Peu après le tunnel nous prenons un petit pont sur la gauche (pont Chabert) et nous pouvons nous garer sur un assez vaste parking.

Cette randonnée étonnante doit se faire en prenant le temps. Le temps de découvrir tous les vestiges que les habitants ont laissés. Ruines des couvents, anciens barrages, carrière de meules (au lieu dit Molières) et tout ceci pourra vous être expliqué en été par des guides étudiants présents sur ces lieux.
Nous profitons ainsi lors de notre passage de l'exceptionnel point de vue offert par le belvédère du Rivet sur la vallée de l'Isère quelques milles en contrebas. 

 Du parking du Pont Chabert quelques mètres après le tunnel

Photo prise par Paul

nous nous engageons sur le sentier qui part sur notre droite.

Un poteau directionnel, nous indique le Pas de Pierre Taillée Fessole par Le Rivet.
Nous suivons la longue piste des Ecouges vers le nord, jusqu’à la Ferme du Rivet.

A droite est, à la cote 1096m, un poteau nous indique la direction. Le chemin remonte tranquillement les prairies, puis pénètre en forêt. Il atteint le lieu-dit Le Pré du Sabot.

A gauche, le chemin remonte le beau vallon herbeux vers le nord. Il arrive dans la prairie de Fessole, sous la bergerie.

 

Dès les premiers pas, on est  séduit par le caractère sauvage et inattendu de l’environnement .

Ce pétasite est une vigoureuse vivace rhizomateuse et couvre-sol et qui ne manque pas de charme et adore les ambiances humides.

 Très vite, le sentier s’enfonce sous les frondaisons d’une épaisse forêt de sapins, avant d’amorcer une longue traversée à flanc de montagne.

L'eau est toujours présente dans ce domaine des Ecouges .

Nous prenons le sentier qui monte a brut dans les bois et suivons ce sentier jusqu' à l'église des Chartreux des Ecouges.

La Chatreuse des Ecouges n'a qu'une brève existence puisqu'en 1391 les moines-ermites abandonnent définitivement leur monastère. Apres une éphémère tentative de reprise en main par une communauté de moniales Chartreuses. Au début du XV è siècle le monastère est ruiné. Seul subsiste l 'église , transformée en bâtiment d exploitation agricole. Cet usage perdura jusqu' au début du XX è siècle. La mémoire locale conserve le souvenir que la toiture aurait été démontée en 1915 et que le bâtiment subit un incendie allumé par les troupes allemandes en 1944.

Les vestiges qui aujourd'hui émergent du sol ,sont pour l'essentiel, ceux de l'ancienne église.

Celle-ci se composait d'une nef simple , rectangulaire , longe de 16m70 et large de 10m60, prolongée d'une abside.

A l'origine cette nef devait être couverte d'une voûte comme parait l'indiquer la forte épaisseur des murs.

L'ensemble est réalisé en maçonnerie de blocage , constituée de moellons de calcaires. Afin de conserver les ruines de la Chartreuse , un abri a été construit.

Un hêtre géant Prince des Ecouges....

Nous prenons le sentier en contrebas de la chartreuse sur la droite, et suivons la direction de la carrière de meule.

 

La carrière des meules
Il s'agit d'une carrière d'où l'on extrayait de la pierre servant à faire des meules de moulin. Celle-ci se situe au nord du site de la Chartreuse. Elle fut redécouverte en 2001 et ne laisse apparaître que de rares vestiges. Cette carrière semble antérieure à la fondation de la chartreuse, prouvant que ce secteur était déjà exploité et continuera de l'être après le départ des moines.

Sur ce site, le processus de fabrication des meules est conforme à ce qui est connu pour l'époque médiévale. Les ouvriers extrayaient et tallaient directement les meules dans la roche en forant un trou correspondant au centre de la future meule puis traçaient un cercle d'environ 1,20 à 1,50 mètre de circonférence correspondant à la future meule à créer.

À la suite des premières fouilles d'investigation, les chercheurs s'aperçurent que le nombre de meules produites dans cette carrière dépassait très nettement les besoins locaux ; il est donc évident que ces meules servaient à l'exploitation de moulins dans la vallée de l'Isère.

 Circuit  très chouette, ombragé et frais (même un jour de chaleur caniculaire du mois de juillet ).

 Une rando, le temps de découvrir tous les vestiges : Ruine des couvents de Chartreuse, anciens barrages, carrières de meule, scierie, moulin, au travers des sentiers de la scie, des lapiaz, des fougères, jusqu'à la ferme du Rivet, son belvédère, son oratoire, traversé par les rivières de la Doulouche et la Drevenne, le tout agrémenté de petites cascades dont notamment celle de Tuf..

Le barrage et l'énorme turbine métallique abandonnée, vestige de l'ancienne scierie.

Filipendula ulmaria (L.) Maxim. LC Reine-des-prés

Après c'est l'ancienne écluse

 Chronique des fouilles médiévales en France en 2019 :

La fouille : une carrière de meules, des charbonnières et un moulin à eau. Découvert en 2007 grâce à un plan du XVIIIe s., ce dernier est demeuré enfoui sous le remblai d’une route construite au XIXe s., ce qui a permis une remarquable conservation de ses élévations médiévales. La fouille, entamée en 2019 par l’université Grenoble-Alpes/LARHRA en partenariat avec le département de l’Isère, vise à dégager entièrement le bâtiment du moulin et ses abords immédiats afin d’offrir un cas supplémentaire au corpus encore très réduit de moulins médiévaux fouillés en France, et le premier exemple de moulin à grains à roue horizontale mis au jour dans notre pays.

L’ensemble (caché sous des bâches ,interdit au public)  a livré un bâtiment originel construit entre 1104 et 1185, soit lors des premières décennies de l’implantation cartusienne dans la vallée des Écouges. Élevé à portée immédiate de la correrie, cet édifice se caractérise par ses dimensions relativement vastes (8 m de long pour au moins 6 m de large), et par une grande qualité architecturale, avec des murs en pierres de moyen et grand appareil atteignant jusqu’à 1,30 m d’épaisseur, et un toit couvert de tuiles plates, attestant que les pères chartreux ont cherché à bâtir un équipement non seulement utilitaire, mais aussi ostentatoire. Au cœur de ce moulin, la chambre d’eau forme une pièce de 2,7 sur 2,2 m, marquée au nord par la présence des restes d’un bel arc en plein cintre par lequel passait le canal d’amenée, et par un aménagement similaire à l’est, sous lequel passait le canal de fuite. Entre les deux arcs tournait une unique roue horizontale en bois, dont le diamètre devait être compris entre 1 et 2 m. Au sud de la chambre d’eau, une pièce rectangulaire faisait office de chambre de meunerie et/ou d’habitat du meunier. En l’état actuel du chantier, les niveaux d’occupation médiévaux n’ont pas encore été atteints à l’intérieur du bâtiment. La fouille a en revanche produit un abondant mobilier céramique du début du xixe s., contemporain de la reconversion du site comme scierie et attestant de la réutilisation de la chambre d’eau comme laiterie-fromagerie.

Fouilles interdit au public

 

Nous arrivons à l'Oratoire du Versoud.


Couverte de mousse, nul n'a pu dater cette construction .

La légende :

" Une nonne poursuivie par des mécréants s'y est agenouillée en priant pour son salut. Les roches se sont éboulées ensevelissant les malandrins , un chaos de rochers domine une faille qui s'ouvre vers le bas de la falaise, sous la mousse au pied de l'oratoire se trouve encore la trace de ses genoux."

Photo prise par Paul

 

Photo prise par Colette

 

Puis, il ne faut guère plus de dix minutes pour arriver dans la large prairie du Rivet 1096 mètres, les grands bâtiments témoignent de l'activité agricole intense.

En effet, jusqu'à 130 bêtes y ont été élevées ici avec l'alpage supérieur de Fessole ,une production laitière importante était réalisée au XIXe et début XXe siècle .

 

Photo prise par Paul

Sur une des deux bâtisses ; il y a sur le toit une grande flèche si quelqu'un connait ses significations ? 

Nous continuons un bout de chemin pour trouver un coin propice à l'ombre pour casser la croûte …

Après une petite heure ,il faut bien repartir ! 

Encore 2,9 kms pour arriver à Fessole !

Et voilà ,nous y sommes ,pas trop dur à faire finalement ,presque du plat !!!! 

Batiment historique racheté par le Conseil général de l'isère (patrimoine), remis en état depuis 2003, seule une petite partie à été ouverte, le reste est cadenassé pour raison de sécurité.

Après la ferme du Rivet ,nous redescendons au milieu des bois …. 

 Pour le retour, au lieu de prendre le même chemin, nous avons pris toutes les variantes proposées avec quelques belles choses à découvrir. Légèrement plus ardu mais rien d'insurmontable ….

Et nous arrivons en plein milieu des vaches !

 

 On arrive ensuite rapidement au hameau du Rivet qui se trouve dans un très beau cadre. C'est une vaste prairie dominée par les falaises qui nous séparent d'Autrans. Le belvédère se situe sur la gauche, derrière une importante chapelle actuellement fissurée et fermée au public .

Dans le cadre du projet de restauration du bâtiment de la chapelle du Rivet, l’accès à la zone de travaux, est interdite.
Les interventions sur la chapelle consisteront notamment à conforter les fondations, restaurer les enduits, reprendre la charpente et la couverture.

 

C'est une promenade agréable dans un bel environnement: arbres, plantes, cascades, ruisseaux, chants d’ oiseux …qui nous a permis de découvrir des vestiges d’ activités disparues et au final une superbe vue sur la vallée de l ´Isère

Encore 3,2 kms …. 

Un arbre qui a fait un tronc bizarroïde !!!!

 

L’espace naturel sensible des Ecouges : tout un patrimoine à préserver.

Le site des Ecouges s’étend entre 880 m et 1636 m d’altitude et est essentiellement montagnard.
D’une surface de 918 ha, il comprend différents groupements écologiques induits par le type de sol et la topographie : une hêtraie sèche sur lapiaz, des zones humides sur terrains imperméables, des pâturages, une forêt d’épicéas, une hêtraie-sapinière et une érableaie de pente sous falaise.
Le site des Ecouges est représentatif, à l’échelle départementale, de la diversité des milieux forestiers de l’étage montagnard des massifs calcaires préalpins.
Il offre des conditions favorables à une faune particulièrement abondante : 70 espèces d’oiseaux, 22 espèces de mammifères, 10 espèces de reptiles et poissons.

Le cheminement est plus qu’aisé vers la bergerie de Fessole et réserve quelques vues imprenables sur la vallée de l'Isère.

Après le sentier des lapiaz le retour est identique que l’itinéraire de l’aller.

Un grand merci pour la découverte de ce lieu que j'ai beaucoup aimé !

Une super balade, très facile et très agréable beaucoup ombragée . Nous avons emprunté la piste pour monter. On a parcouru au final 22 kms mais cela valait le coup. 

Un magnifique parcours de découverte avec les meulières, le belvédère, l'oratoire, les ruines de l'église des chartreux...très riche.

Des chiffres .....

 

Le graphique

 

Randonnée : La ferme de Fessole .
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